Les amours d'un faux-col Il y avait une fois un élégant cavalier, dont tout le mobilier se composait d’un tire-botte et d’une brosse à cheveux. Mais il avait le plus beau faux col qu’on eût jamais vu. Ce faux col était parvenu à l’âge où l’on peut raisonnablement penser au mariage ; et un jour, par hasard, il se trouva dans le cuvier à lessive en compagnie d’une jarretière. - Mille boutons ! s’écria- t-il, jamais je n’ai rien vu d’aussi fn et d’aussi gracieux. Oserai- je, mademoiselle, vous demander votre nom ? – Que vous importe, répondit la jarretière. – Je serais bien heureux de savoir où vous demeurez. Mais la jarretière, fort réservée de sa nature, ne jugea pas à propos de répondre à une question si indiscrète. - Vous êtes, je suppose, une espèce de ceinture ? continua sans se déconcerter le faux col, et je ne crains pas d’affrmer que les qualités les plus utiles sont jointes en vous aux grâces les plus séduisantes. – Je vous prie, monsieur, de ne plus me parler, je ne pense pas vous en avoir donné le prétexte en aucune façon. – Ah ! mademoiselle, avec une aussi jolie personne que vous, les prétextes ne manquent jamais. On n’a pas besoin de se battre les fancs : on est tout de suite inspiré, entraîné. – Veuillez vous éloigner, monsieur, je vous prie, et cesser vos importunités. – Mademoiselle, je suis un gentleman, dit fèrement le faux col ; je possède un tire-botte et une brosse à cheveux.

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Auteur(s) :
Andersen
Nombre de pages :
2

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